

Prologue
Tout commença à Yria, la ville monde. Yria… Une ville tellement grande et puissante technologiquement qu’on ne savait vraiment où elle cessait de s’étendre, si ce n’est les hautes murailles l’entourant que les dirigeants de la ville-état qualifiaient de protectrices. En dehors, c’était l’inconnu. L’Asteran, comme le nommaient les milliers de philosophes qui peuplaient les innombrables quartiers que comptait Yria. Cet autre monde engendra le doute dans le cœur des Yriens. Ce doute se changea bientôt en peur, puis en haine. Les habitants d’Yria se renfermèrent donc dans leur ville, où ils croyaient être en sécurité, à l’abri de l’Asteran qu’ils détestaient tant. Mais il en était tout à fait autrement : les dirigeants d’Yria savaient, depuis bien longtemps, que quelque chose d’autre existait en dehors de leur ville. Les habitants eux aussi le savait au départ mais le souvenir de cet Asteran si vague disparut bientôt des cœurs, pour n’y laisser qu’une seule image : celle d’une jungle hostile, s’étendant derrière les murs de la ville-monde. Dès lors, et pour avoir une emprise totale sur les milliers de milliers d’hommes, femmes et enfants peuplant Yria, les dirigeants de la ville interdirent toute tentative de sortie en dehors de celle-ci et, plus tard, d’évoquer le nom d’Asteran. On pourrait croire que, si les Yriens vouent une haine immodérée pour l’extérieur, Yria était une ville parfaite, aux ressources sans limites et où le bonheur animait les hommes. Et bien non. Il y avait bien longtemps que la joie de vivre avait disparu de la ville-monde, laissant place à une atmosphère grise, morne, triste. Car la vie à Yria n’avait rien d’exceptionnelle et la tristesse de ce lieu le prouvait : la mélancolie et l’ennui furent les principales causes de ce changement. Les Yriens avaient vite perdu l’envie de travailler pour vivre et, pour certains, de vivre pour travailler. La plupart des travailleurs étaient donc partis vivre dans les banlieues et bidonvilles d’Yria, déjà surpeuplés, où les clochards s’entassaient et se comptaient par milliers. Afin de remédier à ce problème, l’empereur de la ville, car il faut bien le dire, Yria était aussi vaste qu’un petit empire, instaura l’ordre de la baronnie. Des hauts fonctionnaires furent désignés pour devenir barons et hauts-barons, hommes et femmes vêtus en permanence de leur armure et d’un casque représentant un animal, soit les sous-fifres de l’empereur, ses ministres et sous-ministres. Chacun d’eux devaient, selon son domaine, rétablir l’ordre en ville et redonner l’envie aux habitants de travailler, leur redonner joie de vivre et sourire en même temps qu’installer une discipline de fer appliquée par la milice, la police d’Yria. Mais, même si certains de ces dirigeants parvinrent néanmoins bien à leurs fins, la tristesse et la mélancolie régnaient encore à Yria. Alors, des habitants formèrent un groupe, une association, qui se joignit à l’ordre de la baronnie dans leur mission de propagation de bonheur. Leur envie, pour redonner le sourire à Yria, fut tel qu’un détachement d’Yriens partit en expédition, dans le secret le plus absolu, dans la jungle entourant la ville-monde, cachée aux yeux de celle-ci par une brume opaque et permanente. Malheureusement, personne ne revint pour parler des découvertes faites. La peur s’installa à nouveau dans la ville. La peur de soient disantes créatures mangeuses d’hommes. Alors, l’empereur, ne comprenant pas la situation, invita chaque Yrien à rester dans la ville-monde, condamnant quiconque voulant en sortir à la peine capitale : la prison à perpétuité. Il eut alors une idée : chaque citoyen ne respectant pas la loi instaurée par l’ordre de la baronnie serait jugé honnêtement et condamné, pour un temps seulement, à l’exil d’Yria, autrement dit, à la peine de mort. Le nouvelle propagea une onde d’horreur et de frayeur dans toute la ville. Ses habitants se mirent donc à craindre encore plus les barons, les hauts-barons et les miliciens qui les représentaient. Par ce changement, l’empereur avait définitivement scellé le destin d’Yria : il la possédait dans toute son intégralité. Les Yriens se mirent donc à parler d’autres choses, sans plus se soucier de l’Asteran. La joie de vivre ne revint pas, malgré les efforts des barons, des hauts-barons et de l’empereur. Débuta alors une période sombre pour Yria, monotone. Une ère obscure qui dura jusqu’à ce qu’une jeune voleuse, fille du peuple, en décide autrement…
0/10 sur 0 vote
Sélectionnez une note puis validez par "Noter"